Jean Lassalle

Député

Archives pour avril 2013

Chers amis,

 

Vous pourrez dorénavant retrouver l’ensemble des informations relatives à ma Marche sur mon blog, accessible grâce au lien suivant :

http://la-marche-2013.over-blog.com/

Je vous invite également à me rejoindre sur les réseaux sociaux, via mon compte twitter et ma page officielle sur Facebook.

Ce site internet reste bien entendu actif pour relayer toute mon actualité législative ainsi que les évènements majeurs de ma Marche.

 

Très bonne journée à tous,

 

Jean Lassalle

La Marche, 16 avril

Le 17 avril 2013

Mes amis,

 

Hier, à la sortie d’Ansauvillers, où j’ai passé la nuit, j’ai eu un entretien poignant avec un homme qui m’a reconnu. Un homme bien habillé, qui est descendu de sa voiture pour venir me parler. Je vous retranscris tel quel l’échange que nous avons eu :

« Monsieur le Député, vous avez réglé tous les problèmes de votre circonscription pour nous faire le privilège de venir essayer de régler les nôtres ?

- Non, justement. C’est parceque je n’ai rien réglé chez moi et que je n’y arrive plus que je suis parti essayer de prendre contact avec les citoyens, à travers les routes et chemins de France.

- Ouais… On est quand même dans un pays merveilleux où, grâce à mes impôts, on permet à des hommes comme vous, des Députés, de se taper une belle balade à pied pendant que moi je travaille !

- Bon, je comprends ce que vous me dites, ça fait partie du débat que j’ai voulu engager mais dites-moi, comment vous voyez l’avenir ?

- L’avenir ? Ca va péter ! Et je souhaite que ça pète le plus tôt possible. Et j’espère que ça va faire mal, qu’on foute tout par terre !

- Ecoute, je pense qu’on est en danger et moi, je ne souhaite pas que ça pète. Si ça pète, ce sont nos enfants qui vont en souffrir et tu sais, nous, Français, on est capable de se faire très mal, alors qu’on est dans un très beau pays !

- Ah oui, ça c’est vrai !

- On a tout ce qu’il nous faut, la Nature nous a gâté, on a des possibilités exceptionnelles, des ressources humaines incroyables mais aujourd’hui, malheureusement, tout ça s’est grippé, comme le moteur d’une belle voiture. Et faut qu’on le dégrippe ensemble. On ne va pas le faire en force, il faut le démonter, revoir la culasse, les pistons, tout revoir en fait. Que chacun soit à sa place et que tout le monde y participe, c’est ça qu’il faut faire.

- Oui enfin, tout ça c’est des discours de bisounours !

- Peut-être mais bon, écoute, c’est aussi une formule.

- Qu’est ce qui te pousse à faire ça ?

- Ma conscience. J’ai bientôt 58 ans, je suis père de 4 enfants, j’ai eu la chance de vivre les seuls 60 ans de paix consécutifs qu’ait connu la France sur son territoire, je n’ai jamais eu à prendre un fusil. Et quand je vois la situation de notre pays, j’ai l’impression d’être un bel égoïste. Quand mes yeux se fermeront, je veux avoir ma conscience tranquille, je ne veux pas avoir profité et ne laisser que le sang et les larmes à mes enfants.

- Ça c’est bien mais qui prouve que ça va donner quelque chose ?

- Rien ! Rien ne le prouve. Mais une chose est certaine, si je ne le fais pas, si d’autres ne le font pas, on est tous les deux d’accord sur ce qui va se produire. Sauf qu’on ne veut pas, ni toi, ni moi, que cela se produise. Ce que je fais c’est un acte, un signe posé par un Député de la République. Si ça parle, d’autres se lèveront aussi, d’autres marcheront et réagiront puis c’est toute l’intelligence de ce pays qui va se réveiller de nouveau. »

 

 

La Marche, 16 avril

Le 16 avril 2013

Mes amis,

Avant de continuer mon chemin ce mardi 16 avril 2013, je vous livre le bilan de ma journée d’hier et de ma matinée, ainsi qu’une image de mon itinéraire.

Hier, le départ a été très émouvant. Nos hôtes du gîte « Le Temps d’un rêve » à Saint-Just-en-Chaussée ont été très intéressés par ma démarche, et m’ont spontanément aidé à rencontrer le Maire de la commune. Ils ont également téléphoné à Olivier Dassault pour le prévenir de ma présence dans la commune. D’ailleurs, je dois préciser que lorsque je suis parti de l’Assemblée nationale, mercredi 13 avril, je n’avais préparé mon itinéraire pour les prochains jours, je le fais au fil du chemin, au gré de mes rencontres. Ne voulant pas ennuyer les élus locaux, je n’ai pas jugé opportun de les prévenir dans un premier temps. Voyant que les maires des villages que je traverse me proposent de les rencontrer, je vais à présent avertir les autorités locales de mon passage sur leur commune ou circonscription.

J’ai ainsi rencontré le maire de Saint-Just-en-Chaussée, accompagné d’une de ses collaboratrices, et en présence d’une journaliste local. Nous avons eu un très bon échange, et Monsieur le Maire m’a fait part de sa préoccupation majeure – celle de beaucoup de maires partout en France d’ailleurs – à savoirla difficulté de conserver un tissu économique et social sur sa commune. Tout ce territoire que nous traversons, qui a vu tant d’emplois disparaître, est très frappé par la crise. Toutefois, j’ai senti à quel point c’était un maire passionné, voulant aller de l’avant et continuer à maintenir la vie sur sa commune.

Je me suis arrêté un peu plus loin au « Café de la Paix » où j’ai eu, le temps de boire un peu d’eau, un échange avec les tenanciers sur l’avenir incertain de leur café-restaurant. Ils vont bientôt être à la retraite et leurs enfants ne veulent pas reprendre l’affaire familiale alors qu’elle fonctionne bien. Leurs préoccupations concernent surtout l’augmentation de la TVA pour les restaurateurs, le coût de la main d’œuvre pour ce secteur où les employés font énormément d’heures, la partie bar qui ne fonctionne plus autant qu’avant. J’ai même eu la chance de rencontrer leur fille qui m’avait reconnu !

Après cette halte, je me suis remis en chemin, en quête d’une nouvelle paire de chaussure car les dernières ont été très abimées par les pluies diluviennes des premiers jours, et elles commençaient à me blesser sérieusement les pieds. J’ai dû marcher encore quinze kilomètres pour pouvoir trouver une pharmacie, et n’ai même pas pu trouver chaussure à mon pied dans les quelques boutiques que nous avons croisées. A la sortie de Saint-Just-en-Chaussée j’ai été un peu soigné par le Centre de Secours, pour pouvoir continuer à marcher jusqu’à mon prochain objectif : Wavignies.

Dans cette petite commune, j’ai été frappé par le nombre de jeunes qui allaient au café, faire des jeux à gratter, jouer au PMU, acheter un peu de tabac ou boire un coup. Monsieur le Maire est venu à ma rencontre, avec une partie du conseil municipal qui était réuni pour préparer le budget. Ils m’ont exposé la situation de leur commune, ils m’ont parlé du cruel manque d’emploi dont souffrent les habitants. Nous avons fait des photos, et ils ont été très enthousiastes par l’idée de refaire des cahiers de doléances.

 

J’ai ensuite fait une erreur d’aiguillage et en prenant la direction Thieux, au lieu de me rendre à Ansauvillers. Cela m’a permis de rencontrer des habitants très sympathiques, qui m’ont permis de charger un peu mon téléphone à leur prise, avant de repartir en pleine nuit 4 km en arrière vers le gîte « Le Cèdre Bleu » où j’ai passé la nuit. Yohan avait acheté une pizza que nous avons mangée à une heure de matin avant de nous coucher. Il me restait d’ailleurs énormément d’appels téléphoniques à passer et de courriers à signer.

Enfin, ce matin, avant de repartir vers Breteuil, je suis passé chez le pharmacien d’Ansauvillers qui m’a soigné. Une infirmière libérale m’a parlé de la maison de la santé qui va être construite 15km plus loin et qui va concentrer tous les médecins de la région. Les habitants et les élus locaux ont une très grande appréhension, celle de voir les médecins de proximité s’éloigner tant de leur domicile. Madame le Maire, qui m’a gentiment reçu, m’en a parlé elle aussi. La destruction du lien social que représente ce départ est préoccupant. Elle a aussi évoqué, avec beaucoup d’émotion, l’extrême paupérisation de la population de ces communes rurales. Malgré tout, elle est fermement décidée à se représenter aux élections municipales, elle aime sa fonction de Maire et l’engagement que cela nécessite.

Après ces quelques mots, je reprends ma route en direction de Breteuil, où je continuerai de vous livrer quelques impressions et le bilan de mes rencontres.

 

A bientôt,

Jean Lassalle

Deuxième jour de marche

Le 13 avril 2013

Bonjour,

 

Je partage avec vous l’enregistrement de l’entretien effectué sur le chemin avec mon stagiaire hier matin, à propos de mon second jour de marche. J’y relate mes rencontres, ma journée de marche et mes pensées du moment. Vous trouverez également le lien vous conduisant vers l’interview enregistrée à Domont (95) par Vonews, la télévision locale.

Je continuerai à poster les bilans de mes journées, les extraits d’entretien et quelques photos dans les jours à venir.

Bonne fin de semaine à tous,

.Bilan 2e jour

Lien vers Vonews :

http://www.dailymotion.com/video/xyxfec_jt-11042013_news&start=322

 

Premier jour de marche

Le 11 avril 2013

Bonjour à tous,

Comme prévu, je suis parti à pied de l’Assemblée nationale le mercredi 10 avril 2013 à 11h. Ci-dessous vous trouverez l’itinéraire que j’ai suivi pour mes premières heures de marche.

Ce qui m’a le plus frappé lors de mon départ, c’est la réaction du personnel de l’Assemblée nationale, les huissiers qui ont tous été très touchants, en pleine compréhension de ce que j’entreprenais. Certains m’ont embrassé, d’autres m’ont souhaité bonne chance je ne sais combien de fois. Les quelques Députés que j’ai croisés m’ont aussi témoigné leur soutien. Évidemment ils m’ont demandé pourquoi je faisais ça. La plupart avait tout de même compris sans que j’aie à l’expliquer.

Ensuite est venue l’heure du départ. Je ne la voulais pas trop médiatisée, cet humble projet ne s’y prête pas. Toutefois, les journalistes qui m’ont suivi une partie de la journée ont pu constater l’attente que ce mouvement pouvait susciter auprès des citoyens. D’ailleurs, dans la rue, les gens me reconnaissaient - certains nettement et d’autres un peu moins – et m’interrogeaient volontiers.

Cela m’a donné l’occasion d’avoir des points de discussion très intenses dans un café à Gennevilliers. Il y avait des gens de toute sensibilité, j’ai rencontré un homme qui voulait envoyer tout le monde hors de France, un africain qui voulait s’intégrer au mieux, un français d’origine algérienne qui revendiquait cette double appartenance, c’était un peu tendu. Un caméraman essayait de filmer la scène mais un terrifiant bonhomme ne voulait pas que la TV soit là donc il n’arrêtait pas de l’expulser hors du café.

Cette multitude de rencontres très intéressantes m’a pris beaucoup de temps, j’ai du accélérer un peu la cadence pour la fin de la journée. J’ai réalisé qu’il fallait vraiment avancer et la pluie diluvienne qui s’abattait sur nos parapluies m’y a aidé pour les 7 ou 8 derniers kilomètres. Les coups de vent terribles pendant 4h nous ont un peu malmenés mais nous sommes arrivés à destination, après avoir acheté de nouveaux parapluies. Des habitants à Montmorency, dès qu’ils ont su que nous étions en marche dans le Val d’Oise nous ont proposé de nous recevoir, très chaleureusement. On a pu échanger toute la soirée, la famille était très intéressée par l’idée d’aller au plus près des citoyens, dans tous les territoires, recueillir leur parole et leurs doléances.

En bref, c’est un départ beaucoup mieux réussi que ce que je pouvais espérer. Le début de journée était superbe, avec du monde, des contacts intéressants, une météo favorable… L’arrivée a été plus extrême, avec des tonneaux de pluie vraiment exceptionnels. Heureusement, nous avons pu tout faire sécher pour être de nouveau opérationnels aujourd’hui !

Je me dirige d’ailleurs en ce moment en direction de Domont, où des journalistes m’ont demandé de les rencontrer pour leur expliquer ma démarche.

Je continuerai à vous informer au fur et à mesure de l’organisation de cette marche, vous ferai partager l’itinéraire, les photos et comptes-rendus de cette expérience.

La Marche

Le 10 avril 2013

Mes amis,

 

Ce jour, mercredi 10 avril 2013, j’entame depuis l’Assemblée nationale une marche à travers routes et chemins de France à la rencontre des citoyens qui le souhaiteraient.

 

Je n’arrive plus à traiter les dossiers liés à mon territoire. Il me semble que c’est aussi le cas de la plupart d’entre vous, chers collègues de la Représentation nationale.

 

Un brutal changement de monde nous a pris au dépourvu. Nous avons perdu nos repères, et notre pouvoir au nom du peuple souverain s’efface. Une fois encore, nous n’avons pas su éviter le piège de l’hégémonie financière.

 

Une terrible et profonde crise accable notre pays, suscitant le repli sur soi, et générant une profonde angoisse qui distendent jour après jour nos liens sociaux, parfois les plus intimes. Nous peinons à intégrer nos jeunes, pourtant pleins d’enthousiasme.

 

Pour enrayer la résignation et reprendre en main le fil de notre Histoire, il me parait urgent de rendre la parole aux citoyens. Ensemble nous pourrions régénérer la démocratie et revivifier la République.

 

Cette marche, empreinte d’humilité mais déterminée, est guidée par le souci d’entendre la souffrance, le doute, mais aussi les aspirations et l’espoir des Français.

 

Elle est mue par la conviction que le jour où l’Homme retrouvera l’Homme, chemin faisant, paisiblement, ils reconstruiront un destin partagé.

 

Merci pour votre soutien,

 

Jean Lassalle

Contact presse :

01.40.63.02.15