Jean Lassalle

Député

Archives pour février 2016

Nous vivons une époque inquiétante et troublée par une menace terroriste alimentée par une hypermédiatisation façonnant un hyper terrorisme terrifiant. La prorogation de l’état d’urgence est, à mon sens un signal inapproprié. Nos gouvernements successifs ont la paradoxale faculté d’ériger aux rangs d’absolu des universaux à violer avec aplomb les principes qu’ils en tirent et à ressentir la nécessité d’élaborer des justifications théoriques.

Or, la réponse ne se trouve pas dans des décisions restreignant les libertés. Car depuis sa mise en place, l’état d’urgence n’a cessé de faire polémique. Assignations à résidence sans procédure judiciaire, perquisitions violentes, arrestations abusives et autres méthodes peu démocratiques, nous noient, aujourd’hui dans un régime exceptionnel, qui ne saurait se substituer de façon pérenne à l’état de droit.

Aujourd’hui, trois mois et demain ? Combien de temps encore les libertés des Français seront-elles restreintes ? Lorsque Manuel Valls, dans une interview à la chaine BBC, déclare que l’état d’urgence sera maintenu jusqu’à la défaite de Daesh, lorsque la France vend des armes aux pétromonarchies qui alimentent la déstabilisation du Moyen-Orient ou quand notre pays agit en secret en Libye, comment ne pas s’inquiéter des mystérieux agissements du gouvernement et d’une rupture avec nos principes démocratiques ?

Combattre le terrorisme est indispensable, mais notre pays, connu pour son audace et son initiative en matière de liberté et de justice, semble aujourd’hui se recroqueviller sur lui-même. Voter ce projet de loi, inscrivant dans notre Constitution la déchéance de nationalité et l’état d’urgence, n’est pas une réponse digne de notre Nation. Quelle sera l’image de la France dans le monde, en Europe, si elle viole aujourd’hui une convention européenne des droits de l’homme dont elle fut jadis la fervente instigatrice ?

La Constitution a déjà tous les éléments qu’il faut pour servir et protéger nos concitoyens. Évitons d’ajouter de la confusion à la confusion, de la peur à la peur. Évitons de montrer du doigt, ne serait-ce que dans nos fantasmes les plus fous, des communautés qui sont la France.

Il ne faut pas, dans un pays qui compte plus de six millions de musulmans, continuer à parler comme nous le faisons, continuer à alimenter la haine.

La solution n’est pas dans la brutalité, la privation, le rigorisme.

La solution n’est pas dans des manœuvres militaires et politiques dissimulées et insidieuses.

La première étape serait déjà de réapprendre à se parler et s’écouter, afin d’éviter les tensions qui clivent aujourd’hui le débat, pour faire émerger des résultats, des idées acceptables et respectées par tous.

La modernité de notre pays, ses valeurs d’égalité et de partage ne doivent pas masquer une chose qu’il est nécessaire de prendre en compte : beaucoup trop d’enfants sont malheureux.

La France n’est pas exempte des drames qui touchent une partie de la jeunesse d’aujourd’hui. Amplifiés et accélérés par les tensions économiques, ils amènent un grand nombre de famille à s’autodétruire ou disparaître.

Par ailleurs, la transformation effrénée de notre environnement produit parfois un décalage dangereux entre les générations.

« Quelqu’un me disait un jour que si l’on évalue généralement à vingt-cinq ans l’écart qui sépare un père de son fils, une mère de sa fille, lui-même avait l’impression qu’un saut de mille ans s’était produit entre l’époque de son fils et la sienne ».

C’est pour cela qu’une telle loi est bienvenue et fondamentale pour l’avenir de nos enfants.

D’abord car elle permet la mise en place de la désignation, dans chaque service départemental de protection maternelle et infantile d’un médecin référent pour la protection de l’enfance ; l’ajout d’une mission supplémentaire pour la formation continue des professionnels de la protection de l’enfance dans les observatoires départementaux ; la valorisation des PPE (projet pour l’enfant) ou encore la réforme de l’adoption simple, afin de lever certains freins juridiques etc.

Ensuite, parce qu’elle donne un véritable élan, auquel tout le pays doit répondre, contre la menace de disparition de l’esprit de pupille de l’État ou du réseau associatif national de l’éducation populaire : PEP, pour ne citer qu’eux.

L’aide et le soutien que peut apporter le département, la région, l’État sont donc essentiels. Cependant un élément me préoccupe : ce sont les départements qui feront office de premiers financeurs. Or, beaucoup d’entre eux sont en grande difficulté actuellement, et cela pourrait, je le regrette, compromettre la bonne application de cette loi sur tout le territoire.

Première intervention séance du 18/11/15

Deuxième intervention séance du 27/01/16

 

 

Merci Patron !

Le 11 février 2016

Merci patron ? un film plein de surprises sur la détermination d’un petit groupe de personne qui avec le concours du journal Fakir va faire vaciller la première fortune de France. Et ça marche ! Une ode à la résistance contre ces monstres froids que sont les multinationales dans une société mondialisée et déshumanisée. Merci Patron, c’est aussi une humanité retrouvée, un humour à la fois communicatif et combatif. Terrible constat où quelques hommes, puissent décider de la vie ou de la mort de centaines de milliers de gens, de faire ou de détruire leurs destins, de disloquer notre territoire déjà en lambeaux. Merci patron à prescrire d’urgence à tous les français.

Bande annonce du film Merci Patron ! Sortie en salle le 24 février 2016.