Article du Journal La République des Pyrénées du 19 mars 2011

L’échec du projet de reprise de l’usine Laprade est officiel. Les collectivités vont mettre en place une cellule de reclassement pour les 13 anciens salariés.

Le constat est amer. Laprade, c’est bel et bien fini. « L’initiative dont j’étais à l’origine a échoué », déclarait hier le député Jean Lassalle, au sortir d’une ultime réunion en sous-préfecture d’Oloron. « Je suis triste et désolé parce qu’il y avait la place. »

Et de narrer par le menu la mobilisation des financements nécessaires (il manquait 400 000 € pour assurer les coûts de remise à niveau et les investissements) auprès des collectivités, Région, Département, et de l’État. La visite chez le repreneur potentiel, les Aciers Coste, à Thiers, dont le dirigeant, François Lemasson, jettera finalement l’éponge, amer lui aussi. La mobilisation, enfin, des 13 ex-salariés.

Cellule de reclassement

« Le vent a tourné », lâche le député. Il avait pourtant pris le soin de « faire le tour des arcanes du tribunal de commerce pour s’assurer que rien ne soit fait qui puisse nuire à cette entreprise pendant la durée de cette opération ». Las, un courrier du greffe du tribunal annonçait le 4 février la mise en vente aux enchères prochaine du matériel de l’usine.

Le député, comme il a eu à le faire par le passé sur d’autres dossiers, assume sa responsabilité. « D’autres sont plus responsables que lui », tranche Véronique Souverbie, ex-salariée de Laprade, visant « les mandataires, le tribunal de commerce, le président de la CCI et certains politiques qui ont soutenu un autre dossier de reprise ». Elle finit par lâcher les noms : l’ancien directeur de l’usine, Pierre Lemoine, actuel patron de l’usine de bérets Béatex et le sénateur UMP Auguste Cazalet.

Tout aussi amer, Me Bernard Condat, l’avocat des ex-salariés, estime que le dernier actionnaire majoritaire de Laprade, le groupe allemand Theis, « voyait d’un mauvais oeil le redémarrage d’une activité concurrentielle ».

Désormais, le comité de suivi (Etat, Région, département) va se pencher, avec Pôle emploi, sur « une forme de cellule de reclassement » pour les 13 anciens salariés. Certains ont déjà accepté « de l’alimentaire », en intérim ou en CDD. Trois d’entre eux, dont Véronique Souverbie, n’ont à ce jour aucune perspective. « Nous devons trouver une solution humaine et digne. »

 

===> Jean Lassalle demande la réouverture du tribunal de commerce d’Oloron

« Dans cette affaire, j’ai acquis l’intime conviction qu’il faut rouvrir le tribunal de commerce d’Oloron, plaide le député Jean Lassalle. Le bassin économique du Haut-Béarn nécessite que les gens qui sont amenés à prendre ces terribles décisions soient en prise avec la réalité du terrain. » Un nouveau combat.

Article du Journal La République des Pyrénées du 19 mars 2011

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