Projet de loi biodiversité : une aberration

Le projet de loi sur la biodiversité confirme ce que je dénonce depuis des années : on ne réfléchit plus au niveau de l’humain, mais au niveau de ce qui est le plus rentable financièrement. Ce texte, outre certaines mesures primordiales, notamment concernant les abeilles, reste pour moi la marque d’une inacceptable volonté de financiariser la nature au lieu de la gérer, comme ce devrait être le cas pour un bien commun.

 

Ce projet de loi est le moyen pour notre gouvernement de ratifier discrètement et sans débat le protocole de Nagoya, qui encadre en réalité a minima la biopiraterie, c’est a dire l’utilisation d’une ressource génétique ou d’un savoir traditionnel associé à cette ressource sans le consentement de l’État, de la communauté ou du peuple autochtone. 80 % de la biodiversité française se trouve aujourd’hui concentrée en Outre-mer, où les populations autochtones peinent à obtenir une reconnaissance de l’Etat. La France n’hésite pourtant pas, à travers ce Protocole, à demander à ces populations d’utiliser à des fins commerciales des savoir-faire traditionnels qu’elles développent depuis plusieurs générations et qui demeurent novateurs dans le domaine médical et, de plus en plus, dans le domaine cosmétique.

L’article 4 quarter, vidé de sa substance par le Sénat au grand désespoir de nos jardiniers amateurs, et de nos associations de protection de la biodiversité, est également la marque d’une hypocrisie sans nom : il met clairement en danger ces associations en leur interdisant la vente de semences assurant pourtant leur principal revenu, que dire alors de cet article dans un projet de loi qui est censé les protéger ?

D’autre part, un certain nombre d’articles consacrent la réintroduction de la grande faune sur nos territoires. Or il est aujourd’hui absolument impossible de faire cohabiter les ours et les loups avec les derniers éleveurs, dont la plupart ne trouvent d’ailleurs pas de successeurs, tant ils ont été découragés par le retour de ces grands prédateurs.

J’ai vu, j’ai vécu dans mon territoire cette situation qui a brisé une génération toute entière et je ne voudrais pas que cela recommence. Je sais qu’un projet de réintroduction d’ours est à l’heure actuelle à l’étude sur mon territoire, dans le Haut Béarn et je ne peux accepter que ce projet de loi biodiversité propose une reintroduction de la grande faune, à l’encontre des interets humains.

Il faut s’occuper à nouveau des populations qui ne voient plus quel est le sens de leur vie, qui se demandent si la France existe encore, s’il y a une République qui les écoute, qui prend des décisions non pas contre mais avec elles.

 

Moi qui suis attaché plus que tout à ma terre, celle où j’ai grandi et vu grandir mes enfants, j’ai été scandalisé et profondément attristé de constater la fierté éprouvée par la France en annonçant il y a deux jours que Paris était une place majeure dans le domaine de la finance verte en s’efforçant d’assurer une transition écologique, motivée uniquement par des raisons économiques. Regardons le scandale financier, politique et juridique autour du marché carbone, cela laisse songeur à propos de la biodiversité.

Projet de loi biodiversité : une aberration

Un commentaire sur “Projet de loi biodiversité : une aberration

  • 29 juin 2016 à 15 h 14 min
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    Combien coûte les fantasmes des écologistes. Les ourses et les loups on et ta qu’a les lâcher dans le bois de boulogne ou sur les Champs Elysée
    chez nous ont a détruit un plan d’eau au noms de la contuinité écologique parce que le
    les truites ne pouvez pas franchir une cascade de 50 cm
    Jean toujours a tes cotés Merci pour ton courage et ta lucidité
    nicolas jean

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