Quand la colère gronde

La volonté d’intensification du mouvement de grève générale en France est l’occasion pour moi de partager cet article extrêmement pertinent, qui évoque l’effervescence médiatique autour de la situation de blocage que connaît aujourd’hui notre pays, et au-delà, l’union des travailleurs (syndiqués ou non) dans l’opposition au projet de loi Travail et à la politique du gouvernement.

Mes déclarations à l’occasion de l’examen de la proposition de loi « Encadrement rémunérations entreprises » la semaine dernière ont suscité un certain nombre de réactions dans les médias mais aussi de la part des français. Cela montre qu’il y a peut-être encore une place pour le débat et pour l’expression de ce que chacun pense. Il faut beaucoup de courage pour réveiller un pays si profondément endormi et plongé dans un tel cauchemar, et je crois que nous vivons en ce sens un moment symbolique.

Il est absolument primordial aujourd’hui que la classe politique ouvre les yeux sur le message que le peuple nous fait passer: nous ne bâtirons, ni ne rénoverons rien sur la colère des jeunes et des travailleurs. Toute notre génération n’a pas vu se produire ce changement de monde, ou plus exactement n’a pas compris le basculement du monde qui nous était imposé, et nous devons aujourd’hui réfléchir ensemble, et vite, à améliorer l’état de notre démocratie. 

Chacun est bien conscient du mécontentement que peuvent générer les blocages et leurs incidences sur l’activité économique. Pour autant, il me semble que poser ainsi les termes du débat contribue davantage encore à opposer les Français entre eux. Peut-être n’est-il pas surprenant qu’un nombre croissant de nos concitoyens prenne négligemment pour acquises les victoires démocratiques ou sociales réalisées, manquant de reconnaître que ce qui a été gagné au cours des siècles de luttes peut être enlevé. Qui peut croire au fond que les personnes en grève peuvent y trouver un plaisir quand on connaît les pertes de salaires que cela peut représenter ?

Cet article démontre en tout cas que toutes les décisions sont prises à la majorité des salariés des lieux où elles s’exercent, témoignant bien que c’est dans un esprit démocratique que cela se déroule et que c’est finalement la représentation d’une volonté majoritaire qui s’exprime.

Quand la colère gronde

2 commentaires sur “Quand la colère gronde

  • 12 juin 2016 à 8 h 43 min
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    Il n’y a plus qu’un seul mouvement issu du Conseil National de la Résistance de 1945 : la CGT.
    C’est ce mouvement qui essaie aujourd’hui de former une union pour sauver la seule forme d’identité collective qui cimente la France : le travail. La loi El Komheri symbolise le triomphe de l’hyperindividualisme : avec cette loi, nous entrons dans le règne du « chacun pour sa peau ». Après la destruction progressive des emplois de l’industrie, je n’aurais jamais cru assister un jour à la « mise à mort » progressive du salariat. En donnant la primauté des accords d’entreprise sur les accords de branche et le code du travail, le Parti Socialiste de gouvernement légalise l’Uberisation de l’economie tant décriée par ailleurs.
    En donnant la primauté de l’hyperindividualisme sur la collectivité nationale dans la loi, le Parti Socialiste de gouvernement abandonne la République et cède officiellement le pouvoir au populo-facisme du Front National.
    En effet, l’histoire de la France, c’est aussi ce fil conducteur : comme en 1940, quand les démocrates ont baissé les bras face au caractère inéluctable du triomphe de la loi du plus fort (le parlement a confié les plein pouvoirs à Pétain), aujourd’hui, le gouvernement cède les droits fondamentaux du travail au marché.
    Nous nous sentons lâchés et abandonnés. Le FN apparaît déjà comme un refuge pour les esprits les plus affaiblis.
    Les électeurs du FN sont les victimes d’une logique de dopage à la libéralisation de l’économie.
    Ils ne sentent plus responsables de leurs actes, ils se laissent aller à penser qu’un « homme » (ou une femme) peut sauver la France. Cette irresponsabilité revendiquée et faiblesse d’esprit incarnée par le FN va bientôt gouverner le pays. Depuis le temps qu’on le dit, ça y est ! Enfin nous y sommes presque : dans le mur.

  • 13 juin 2016 à 8 h 28 min
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    decidement , en voilà un qui n a pas la langue de bois et qui a tant de sagesse et de bon sens qu on va bien finir par en entendre parler dans tout le pays . j espere que jean-jacques bourdin l invitera à s exprimer dans son emission du matin . Lassalle est un excellent orateur et ne se laisse jamais intimider , et , c est un avantage pour nous et pour lui ,en plus de la parole juste !Je ne voie pas , autour de moi beaucoup d enthousiame pour 2017 , sinon pas du tout …
    ça ressemble au tiercé de Vincennes !
    les français sont les orphelins de gouvernants affaires-affairistes , insipides et creux . c est une opinion generale .

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