Marche Citoyenne et Justice : invitation au débat

2003-6-14-justice2
Mes chers Amis,

 

Vous avez été nombreux, et je vous en remercie, à réagir ou à m’interpeller au sujet du rapport publié sur mon blog et les réseaux sociaux à propos des liens qu’entretiennent certains justiciables et le service public de la justice. Tout au long de mon tour de France à pied, j’ai très majoritairement rencontré des compatriotes qui ne croient plus en la politique. Leur expression à notre égard, qu’elle s’exprime sur le ton de la révolte ou de la résignation, est effrayante.

 

Cependant, si le monde politique est de loin le plus touché par ce phénomène, il n’est malheureusement pas le seul, les grands médias nationaux, et la justice, tout comme la plupart des principales institutions de notre pays, sont également pris dans cette tourmente.

 

J’ai clairement eu le sentiment de rencontrer un peuple qui a peur et qui ne croit plus en rien ni personne. La plupart de nos concitoyens s’exprime en leur nom propre, d’autres le font dans le cadre de réseaux ou d’organisations plus ou moins établis. C’est le cas en ce qui concerne la justice des « Indignés » qui, à l’instar des « Indiñados » espagnols, l’évoque avec une grande radicalité. La violence de leur ressenti est telle qu’ils refusent catégoriquement de le traduire autrement que par la parole.

 

Afin d’ouvrir un débat, et peut-être de le faire vivre, d’y faire participer certains de nos concitoyens qui ne croient même plus à la notion de réflexion et d’échange public, j’ai réussi à en convaincre un certain nombre de « se faire violence », et d’accepter de témoigner par écrit. Nombreux sont ceux qui, à ma grande surprise, l’ont fait dans le cadre notamment de la rédaction des « Cahiers de l’Espoir ». J’ai demandé à madame Shena Saïdi de bien vouloir en faire une synthèse en respectant le plus fidèlement possible leur propre expression et leurs mots.

 

Je comprends qu’une telle démarche venant sans explication préalable ait pu susciter incompréhension et malentendu. Aussi, je demande à ceux qui ont légitimement pu être choqués, notamment au niveau des magistrats, et parmi eux des amis proches, de bien vouloir m’en excuser. A l’écoute ou à la lecture de vos très nombreuses réactions, et au regard du fossé qui les sépare souvent, j’ai mieux compris. C’est bien le même rejet qui les frappe, certes à un degré moindre que le monde politique et la plupart des élites de notre pays. J’ai encore mieux cerné pourquoi 50% de nos compatriotes ne se rendait définitivement plus aux urnes, et pourquoi la moitié de ceux qui continuaient encore de le faire, votait blanc, nul ou désespéré.

 

Ce qui choque le plus ceux qui acceptent de témoigner, c’est ce qu’ils perçoivent comme notre attitude systématique d’indifférence ou de déni. Une réalité bien paradoxale se fait pourtant jour clairement. Si nous, les « sachants », acceptions enfin la remise en cause et l’écoute de la parole différente, il existe une profonde aspiration très largement partagée à la justice.

 

Celui qui est cruellement lésé attend que son tort soit reconnu à son véritable niveau et réparé. Celui qui en est la cause rêve de soulager son esprit et ses entrailles, par la parole, l’échange et le pardon. Peut-être, espère-t-il même un nouveau départ, une nouvelle chance, une nouvelle vie. Enfin, celui qui a la terrible charge de rendre la justice au nom du Peuple français, souhaite pouvoir le faire avec la sérénité indispensable à l’importance de sa décision, avec les moyens adéquats et nécessaires, la compréhension ainsi que le respect dont il a besoin.

 

L’immense majorité des justiciables espère que le jour viendra enfin où le fait de passer devant la justice ne sera plus synonyme de malheur, mais constituera une raison majeure d’espérer. Tel Jean Rivero, le vieux Huron du Palais Royal, j’attache sans doute un prix excessif à ce que les citoyens trouvent satisfaction dans des recours effectifs.

 

Oui, l’immense majorité de nos compatriotes aspire à retrouver, si tant est qu’elle ait existé un jour dans la longue histoire des hommes, une justice sereine, apaisée et célère, en laquelle on puisse replacer toute sa confiance. Je souhaite que vous acceptiez tous de prolonger ce débat. A l’instar de cet échange, j’engagerai dans les semaines qui viennent d’autres débats sur les questions fondamentales de notre temps sur une nouvelle plateforme internet sur laquelle travaille mon équipe. J’apporterai le meilleur de moi-même pour en faciliter le déroulement.

 

Je vous assure de mes sentiments les plus dévoués.

Jean Lassalle

Marche Citoyenne et Justice : invitation au débat

13 commentaires sur “Marche Citoyenne et Justice : invitation au débat

  • 9 octobre 2015 à 15 h 42 min
    Permalink

    Une explication bien heureuse mais qui n’était pas forcément nécessaire puisque vous aviez déjà expliquer dans le billet accompagnant le fichier…faut croire que certains ne lisent pas tout où uniquement ce qui les arrangent

  • 9 octobre 2015 à 19 h 40 min
    Permalink

    « La violence de leur ressenti est telle qu’ils refusent catégoriquement de le traduire autrement que par la parole ».

    Ce n’est pas très juste, car comme pour mes parents, lorsque ces nombreuses victimes découvrent l’envers du décor de notre Justice et l’ampleur des dégâts que ses fonctionnaires occasionnent, ils écrivent à toutes les instances et au gouvernement, ils écrivent à leurs députés et tentent encore via une justice boiteuse de confondre les professionnels fautifs en déposant des plaintes pour fautes, en saisissant le CSM mais rien n’y fait, il ont en face un silence arrogant ou un corporatisme exacerbé qui protège les professionnels fauteurs et fautifs. Et bien Monsieur c’est cette rage et frustration de ne pas être entendus ni écoutés ni même lus, que vous avez rencontré. protéger les fauteurs et discréditer les victimes et les ballonner c’est cela qui rend radical.
    Le rapport et l’article qui l’accompagne l’expriment très bien et avec mesure alors pourquoi encore un article qui respire le mia coulpa?!

  • 11 octobre 2015 à 17 h 35 min
    Permalink

    Monsieur le député. Je trouve ce rétropédalage un peu pathétique. Faire croire que les citoyens rejetteraient leurs élites et donc les juges est d’un simplisme navrant. Les citoyens demandent simplement à ce que la loi soit appliquée de la même manière pour tous et à ce que les jugements qui leur donnent tort soit compréhensible. « Votre » rapport avait le mérite de montrer au travers de cas concrets qu’il est souvent fait droit à des intérêts manifestement situés au dessus des lois. C’est pour cette raison qu’on est venu s’offusquer et pleurer dans vos jupons; de peur que d’autres exemples affluent. Face à la gravité du contenu de ce rapport, en revenir au côté imparfait de la justice des hommes constitue un renoncement que je n’attendais pas de vous.

  • 20 octobre 2015 à 12 h 00 min
    Permalink

    N’importe quoi le commentaire de Seb. Je crois qu’il faut qu’il relise le billet. On se demande où est le retropédalage que de vouloir poursuivre le débat sur ce sujet. quand aux jupons et pleures en fait ce genre d’individu comme Seb se comporte exactement comme ces juges qu’ils dénoncent…Pathétique!

  • 20 octobre 2015 à 14 h 01 min
    Permalink

    Pierre, sans entrer dans les détails, n’y a-t-il pas rétropédalage quand de « Mon Rapport » on passe à « Rapport » ? Commme diraient les jeunes : MDR.

  • 24 octobre 2015 à 19 h 03 min
    Permalink

    Bonsoir, je suis enlisé dans les méandres de la justice depuis le 1er juillet 2007, date à laquelle j’ai demandé le divorce.
    Le divorce fut prononcé en avril 2013 mais non la liquidation de l’indivision.
    Force fut pour moi de constater une certaine complaisance entre les avocats, magistrats et greffiers de tous grades.
    Il faut dire que leur postes respectifs sont la conséquence de leurs résultats obtenus à la faculté.
    Ils y ont tous vécus des moments mémorablement communs, alors l’honnêteté du travail fourni envers le justiciable à l’abri de la sacro sainte indépendance de la JUSTICE??????????????
    Car j’affirme que la chose légale peut être philosophiquement très malhonnête.
    Au plaisir.

  • 29 octobre 2015 à 19 h 44 min
    Permalink

    Monsieur,
    je salue votre courage et vous incite à vous présenter à la présidence de la République.
    Car contrairement aux politiciens, vous êtes un citoyen avant tout, et les politicien l’oublient trop souvent.
    Il est temps de rendre au peuple sa révolution.
    Les discours politique de droite comme de gauche n’intéressent plus de nombreux Français.
    Oui; la Justice touche les Français en premier lieu.
    Même si Le chômage est un problème on ne peut pas créer des emplois fictifs et obliger des entreprises a embaucher ou à ne pas licencier.
    Je crois plus en une campagne électorale basée sur les bases de la république Française LIBERTE EGALITE FRATERNITE que que sur les discrédits de tel ou tel parti.
    La politique est dictée par les conjonctures économique et les relations internationales, et surtout l’europe.
    Rendez aux Français leur dignité gagnée sur les barricades,rendez Justice aux Français en mettant des citoyens choisis par tirage au sort à chaque audience, car les tribunaux qui coûtent si chers, sont une véritable mascarade, on n’y croit plus à cette justice.Les Magistrats et les Avocats ont sapés leurs tribunaux, dans certain tribunaux c’est devenu une véritable association de malfaiteurs (affaire du juge Renard à Nice et ailleurs, les journaux se font souvent l’écho de forfaitures quand les nouvelles ne sont pas étouffées.
    Voilà aujourd’hui, un Avocat tire sur son bâtonnier et se suicide, dénonçant le malaise au sein de la profession.
    Parlez au peuple de la justice et rendez leur justice.Que les condamnés paient leur peines pécunière jusqu’au dernier centime, à l’ère de l informatique, il est facile de créer un fichier pour que les justiciables soient indemnisé sur les salaires des condamnés.
    La police fait un travail exemplaire sauf quelque bavure.
    VIVE LA FRANCE, VIVE LA REPUBLIQUE, Nie de DROITE, Ni de de GAUCHE.
    Avec tous mes respects

  • 15 novembre 2015 à 22 h 21 min
    Permalink

    Cher J.LASSALLE, On constate que plusieurs mois voire années après ta marche rien n’a bougé du côté de la justice et encore moins de la police .
    ME DANGLEHANT vient de créer une commission JUSTICE en particulier sur les jugements étoilés toujours pris par des juges criminels maçons ou déchets de la société car ceux-çi sont comme des délinquants de DROIT COMMUN : ils servent les intérêts affairistes des petits copains: notaires reconvertis dans l’immobilier; avocate crasseuse qui place son argent en spoliant de pauvres français qui ont eu le malheur de mettre un pied dans LE GOURBI de la justice .Alors essayez de parler en bon citoyen , c’est hors sujet . voir le dossier de MR VOGNE sur le scandale des entreprises brisées par cette MAFFIA en col blanc qui se partage chaque année le travail des bons français naïfs .LE SYSTEME JUSTICE CORROMPUE a bien servi les POLITIQUES car les huissiers crasseux qui font des saisies sur les bons français répartissent au sein de la FRANCMAFFIEUSERIE l’argent volé et cet argent volé finance quoi : vos campagnes électorales . alors arrêtez de nous mentir et de nous prendre pour des GOGOLS .

  • 20 novembre 2015 à 14 h 24 min
    Permalink

    Cela fait en 2015 plus de 20 ans que je suis dans des procédures parce qu’un expert a déposé un rapport incomplet, partisan, faux et fait en violation du contradictoire.
    Malgré toutes les preuves apportées aucun des juges saisis lors des recours n’a voulu reconnaître ces faits pourtant incontestables. Les mensonges si gros et l’absence de réponse dans les décisions rendues démontrent que les juges qui ont eu à juger mon affaire ont protégé l’expert.
    La justice n’existe donc pas pour le simple citoyen.
    A quand une justice équitable ? A quand une justice accessible à tous citoyens vu les honoraires exorbitants demandés par les avocats ?

  • 23 novembre 2015 à 14 h 50 min
    Permalink

    Le soucis avec les juges, c’est qu’ils n’ont aucune sanction,sinon une sanction-promotion.
    Il faudrait une responsabilité des juges, et des citoyens tiré au sort pour siéger à côté du juge.La justice appartient aux citoyens et non pas à une élite maçonnique ou autre.
    La dise de la FRANCE: LIBERTE EGALITE FRATERNITE n’a aucun sens au sein des tribunaux.

  • 26 novembre 2015 à 15 h 24 min
    Permalink

    Vous avez raison MELHEM il faut que les juges deviennent responsables de leur faute professionnelles.

  • 1 décembre 2015 à 12 h 27 min
    Permalink

    NOTRE ASOCIATION PARENTS ENFANTS MALTRAITES LUTTE CONTRE TOUTES LES VIOLENCES INTRA FAMILIALES ET LES DYSFONCTIONNEMENTS SOCIO JUDICIAIRES QUI SONT UN FLEAU EN FRANCE NOUS AVONS RENDU UN RAPPORT AU HAUT COMMISSARIAT DES DROITS DE L HOMME /ONU/ GENEVE POUR L AUDITION DE LA FRANCE QUI BAFOUE TOUS LES DROITS DES VICTIMES ENFANTS ADULTES
    NOTRE COMBAT A BESOIN DE VOUS ET D ETRE ENSEMBLE
    NOTRE SLOGAN « CE NE SONT PAS CEUX QUI FONT LE MAL QUI RENDENT LE MONDE INSUPPORTABLE MAIS CEUX QUI REGARDENT ET LAISSENT FAIRE » EINSTEIN
    MON TEL/ 0682495326 AFIN D ERADIQUER DEFINITIVEMENT CES FLEAUX ET DYSFONCTIONNEMENT SOCIO JUDICIAIRES CE N EST QU ENSEMBLE EN SORTANT DU SILENCE QUE NOUS POURRONS PROTEGER LES VICTIMES

  • 29 janvier 2016 à 20 h 23 min
    Permalink

    Le 06 12 2015, j’ai interpellé Monsieur LASSALLE en ces termes :
    Cher Monsieur Lassalle,
    La procédure des séances de questions au Gouvernement vous autorise, en votre qualité de Député non inscrit, à poser une question tous les deux mois.
    Votre dernière question en date du 19 mai 2015, concernait la représentativité des élus. Sous toutes réserves, rien ne s’opposerait donc à ce que vous posiez une nouvelle question.
    Dans le cadre des dysfonctionnements du système judiciaire, je souhaiterais vous soumettre une question à poser à Madame TAUBIRA à l’occasion d’une « séance de questions aux Gouvernement », dont je suis convaincue, eu-égard à l’intérêt qu’elle présente pour l’Etat (sans prétention de ma part, juste par expérience) serait de nature à contraindre Madame la Ministre à apporter une réponse claire et précise.
    Si vous êtes d’accord sur le principe, je peux soumettre un avant-projet à Antoine Fontaine, Co-animateur de la Commission 4 -Politique comme bien commun.
    Par ailleurs, lors d’un récent échange avec Antoine, j’ai cru comprendre que vous envisagez de déposer prochainement une proposition de résolution tendant à la création d’une Commission d’Enquête Parlementaire chargée de rechercher les causes des dysfonctionnements de la justice et de formuler des propositions pour éviter leur renouvellement.
    Nul doute que vous jugerez cette question à l’attention de la Ministre de la Justice, comme s’inscrivant pleinement dans votre projet.
    En vous remerciant pour la suite réservée
    Bien à vous
    Marleen CALLAERT, Citoyenne Responsable Indignée

    Sans réponse j’ai renouvelé ma proposition ce jour 29 01 2016.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *