La Marche, 16 avril

Mes amis,

Avant de continuer mon chemin ce mardi 16 avril 2013, je vous livre le bilan de ma journée d’hier et de ma matinée, ainsi qu’une image de mon itinéraire.

Hier, le départ a été très émouvant. Nos hôtes du gîte « Le Temps d’un rêve » à Saint-Just-en-Chaussée ont été très intéressés par ma démarche, et m’ont spontanément aidé à rencontrer le Maire de la commune. Ils ont également téléphoné à Olivier Dassault pour le prévenir de ma présence dans la commune. D’ailleurs, je dois préciser que lorsque je suis parti de l’Assemblée nationale, mercredi 13 avril, je n’avais préparé mon itinéraire pour les prochains jours, je le fais au fil du chemin, au gré de mes rencontres. Ne voulant pas ennuyer les élus locaux, je n’ai pas jugé opportun de les prévenir dans un premier temps. Voyant que les maires des villages que je traverse me proposent de les rencontrer, je vais à présent avertir les autorités locales de mon passage sur leur commune ou circonscription.

J’ai ainsi rencontré le maire de Saint-Just-en-Chaussée, accompagné d’une de ses collaboratrices, et en présence d’une journaliste local. Nous avons eu un très bon échange, et Monsieur le Maire m’a fait part de sa préoccupation majeure – celle de beaucoup de maires partout en France d’ailleurs – à savoirla difficulté de conserver un tissu économique et social sur sa commune. Tout ce territoire que nous traversons, qui a vu tant d’emplois disparaître, est très frappé par la crise. Toutefois, j’ai senti à quel point c’était un maire passionné, voulant aller de l’avant et continuer à maintenir la vie sur sa commune.

Je me suis arrêté un peu plus loin au « Café de la Paix » où j’ai eu, le temps de boire un peu d’eau, un échange avec les tenanciers sur l’avenir incertain de leur café-restaurant. Ils vont bientôt être à la retraite et leurs enfants ne veulent pas reprendre l’affaire familiale alors qu’elle fonctionne bien. Leurs préoccupations concernent surtout l’augmentation de la TVA pour les restaurateurs, le coût de la main d’œuvre pour ce secteur où les employés font énormément d’heures, la partie bar qui ne fonctionne plus autant qu’avant. J’ai même eu la chance de rencontrer leur fille qui m’avait reconnu !

Après cette halte, je me suis remis en chemin, en quête d’une nouvelle paire de chaussure car les dernières ont été très abimées par les pluies diluviennes des premiers jours, et elles commençaient à me blesser sérieusement les pieds. J’ai dû marcher encore quinze kilomètres pour pouvoir trouver une pharmacie, et n’ai même pas pu trouver chaussure à mon pied dans les quelques boutiques que nous avons croisées. A la sortie de Saint-Just-en-Chaussée j’ai été un peu soigné par le Centre de Secours, pour pouvoir continuer à marcher jusqu’à mon prochain objectif : Wavignies.

Dans cette petite commune, j’ai été frappé par le nombre de jeunes qui allaient au café, faire des jeux à gratter, jouer au PMU, acheter un peu de tabac ou boire un coup. Monsieur le Maire est venu à ma rencontre, avec une partie du conseil municipal qui était réuni pour préparer le budget. Ils m’ont exposé la situation de leur commune, ils m’ont parlé du cruel manque d’emploi dont souffrent les habitants. Nous avons fait des photos, et ils ont été très enthousiastes par l’idée de refaire des cahiers de doléances.

 

J’ai ensuite fait une erreur d’aiguillage et en prenant la direction Thieux, au lieu de me rendre à Ansauvillers. Cela m’a permis de rencontrer des habitants très sympathiques, qui m’ont permis de charger un peu mon téléphone à leur prise, avant de repartir en pleine nuit 4 km en arrière vers le gîte « Le Cèdre Bleu » où j’ai passé la nuit. Yohan avait acheté une pizza que nous avons mangée à une heure de matin avant de nous coucher. Il me restait d’ailleurs énormément d’appels téléphoniques à passer et de courriers à signer.

Enfin, ce matin, avant de repartir vers Breteuil, je suis passé chez le pharmacien d’Ansauvillers qui m’a soigné. Une infirmière libérale m’a parlé de la maison de la santé qui va être construite 15km plus loin et qui va concentrer tous les médecins de la région. Les habitants et les élus locaux ont une très grande appréhension, celle de voir les médecins de proximité s’éloigner tant de leur domicile. Madame le Maire, qui m’a gentiment reçu, m’en a parlé elle aussi. La destruction du lien social que représente ce départ est préoccupant. Elle a aussi évoqué, avec beaucoup d’émotion, l’extrême paupérisation de la population de ces communes rurales. Malgré tout, elle est fermement décidée à se représenter aux élections municipales, elle aime sa fonction de Maire et l’engagement que cela nécessite.

Après ces quelques mots, je reprends ma route en direction de Breteuil, où je continuerai de vous livrer quelques impressions et le bilan de mes rencontres.

 

A bientôt,

Jean Lassalle

La Marche, 16 avril

22 commentaires sur “La Marche, 16 avril

  • 16 avril 2013 à 17 h 30 min
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    Si un randonneur peut te donner un conseil, Jean : Arrête toi à l’entrée d’Amiens au Décathlon et achète toi une bonne paire de chaussures de marche. tu n’en seras pas moins convainquant auprès des populations que tu rencontres, Ultréïa !

  • 16 avril 2013 à 18 h 24 min
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    Bravo à vous depuis les Hautes-Alpes, nous, nous sommes seulement contentés ce jour de distribuer les tracts moralisation.fr dans notre village… Bonne route auprès des gens.

  • 16 avril 2013 à 18 h 59 min
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    Voilà une démarche qui a du sens et qui peut redonner espoir aux gens!
    On en parle autour de nous pour vous soutenir… si votre périple (et vos pieds) vous amènent jusqu’à Rennes, on sera heureux de faire « gite d’étape »!
    Anne-Claude (amie de Bernard et Jacqueline)

  • 16 avril 2013 à 19 h 01 min
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    bon courage

  • 16 avril 2013 à 19 h 01 min
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    Bonjour ,

    « le pèlerin doit toujours prendre le plus grand soin de ses pieds » .

    Bon courage monsieur Lassalle
    et
    bonne continuation .

  • 16 avril 2013 à 19 h 05 min
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    Cher Ami,
    Merci pour le beau partage de toutes ces rencontres. Courage JL

  • 16 avril 2013 à 19 h 08 min
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    merci pour se gentils petit mots sur nous les gens de Thieux nous vous souhaitons plein de courage pour votre mission et toute notre amitie a vous a votre collaborateur qui est trés gentil et trés aimable nous avons été trés honnorer de faire votre connaissance et encore bon courage

  • 16 avril 2013 à 19 h 31 min
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    Adiù , caminaïre !
    Après Jan petit que dança, avem Jan Gran de qui marcha .
    Que cau continuar.
    Que’vs’acompaham dab pensadas.
    Amistats bigordanas .

  • 16 avril 2013 à 19 h 46 min
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    Je suis la correspondante de Saint-Palais. Je vous exprime naturellement tout mon soutien. Dommage que d’autres députés ne se joignent à vous dans ce pèlerinage!!! Ils ont peut-être estimé plus opportun de ménager leur souliers au regard de la crise.
    J’espère pouvoir échanger, à votre retour sur le secteur, sur ce « voyage au centre de la terre ».

  • 16 avril 2013 à 19 h 57 min
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    Mais lien social, il est en train de se refaire !

  • 16 avril 2013 à 20 h 17 min
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    Bravo!
    Si les ministres prenaient a coeur de rencontrer le peuple, comme vous le faites, ils auraient la réponse pour nombre de leurs questions.
    Au lieu de nous pondre des textes tordus sans logique.
    Sinon, pour le côté pratique, il faudrait penser a trouver des chaussures plus adéquates, car le chemin est encore long.
    Courage !
    Sylvie Rasile

  • 16 avril 2013 à 21 h 18 min
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    Monsieur Lassalle,

    je suis étudiant, 18 ans, et suis admiratif de votre action. Sachez que beaucoup de personnes vous soutiennent. Je continuerai à vous suivre, tous les jours. Vous redonnez espoir à ceux qui pensaient être délaissés. Et vous confirmez ce que je pensais: l’action d’un homme peut changer le court des autres !
    En espérant qu’avec cette marche vous trouviez ce que vous cherchez.

    Valentin d’Andon.

  • 16 avril 2013 à 22 h 05 min
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    Bonsoir jean! il vous faut trouver de vraies chaussures de marche! vous allez vous infecter les pieds! je ne pense pas que les citoyens que vous croiserez vous en voudrons d’être bien équipé pour la marche!
    Surtout prenez soin de vous! bonne nuit et je reste pendu tous les jours a vos résumés émouvants et merci de nous faire connaître ces gens fantastiques que vous croisez! Vive le nord et c’est une sudiste de Sète qui le dit! LOL!

  • 16 avril 2013 à 23 h 42 min
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    Bonne route, mon ami. Je ne sais pas à quoi sert cette démarche, le savez-vous vous-même? En tous cas, je sens le côté indispensable de votre action. Ne vous arrêtez surtout pas! Les gens que rencontrez en ont besoin.

  • 17 avril 2013 à 0 h 21 min
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    Bon courage mon cher Jean pour cette initiative intéressante et originale. Je ne sais pas si tu poursuivras jusqu’en Dordogne mais tu sais bien évidemment que ma porte t’es grande ouverte. A bientôt.

  • 17 avril 2013 à 8 h 56 min
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    Bonjour, la lecture de tous les commentaires me fait penser que notre système démocratique doit évoluer vite et bien en protégeant l’homme de sa tendence naturelle a contourner la règle. Instaurer une nouvelle mesure a pour conséquence rapide une utilis&ation perverse de cette disposition qui se devait de soulager une peine, une souffrance.
    Nombre de nos élus sont des gens de biens. Ils se laissent attendrir par les inégalités, pensent atténuer des souffrances par la redistribution et créent d’autres injustices qu’ils n’ont pas immaginées. De réaction en chaine en réaction en chaine nous nous trouvons dans une impasse, il faudra bien reculer un peu pour prendre une autre direction qui sera moins confortable mais qui se doit de préparer l’avenir des générations futures.
    Je demeure un farouche défenseur de la protection sociale qui ne doit en aucun cas devenir une rente de situation.
    Bonne santé et bon courage monsieur LASSALLE.
    Hervé Mathé.

  • 17 avril 2013 à 13 h 49 min
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    chapeau monsieur j ai une adimration incomensurable pour ce que tu fait
    beaucoup de tes comperes devraient s en inspirer
    grace a toi je suis fier de defendre mon pays le bearn entre sel et terre adishats!!

  • 17 avril 2013 à 22 h 51 min
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    Devant tant de courage et de ténacité, je reste admirative, et je vous dit, avec mon coeur, COURAGE Jean, et à bientôt en Auvergne où nous vous attendons avec impatience. Là nous ferons tout ce qu’il nous sera possible, mais en attendant, COURAGE et prenez soin de vous. Bien amicalement.

  • 18 avril 2013 à 16 h 39 min
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    Continuez on a besoin de gens comme vous
    Je vais suivre votre périple et lire chaque jour vos billets
    Courage et respect pour votre détermination

  • 18 avril 2013 à 17 h 07 min
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    Cette marche ressemble à vos prise de paroles lors des meeting ou des universités du Modem: on ne sait pas où vous aller, mais on vous suit! sans retenue, sans a priori. Une sorte de poète qui dégage une grande force. Vous êtes profondément touchant de vérité.
    J’espère qu’un mouvement de fond suivra votre initiative.
    Prenez soin de vous
    Dieu vous garde

  • 18 avril 2013 à 18 h 03 min
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    Monsieur le Député,
    Je suis citoyen français, j’habite une belle ville de Corrèze qui s’appelle Brive, et c’est les larmes aux yeux et le coeur lourd que je vous écris. Votre initiative est admirable, et l’humilité avec laquelle vous portez vos combats m’inspire le plus profond des respects. Vous n’êtes pas « mon » député, mais vous êtes un élu de la Nation. Sans doute devrais-je écrire à mon député socialiste, qui ne lira sans doute pas ma lettre et y apportera une réponse pré-rédigée et impersonnelle. Vous êtes un homme de bien et c’est en cela que je me permet de vous écrire ces quelques lignes.
    Monsieur le Député, j’ai peur.
    J’ai peur pour l’avenir de mes enfants, j’ai peur du monde que nous allons leur laisser, j’ai peur de ce que le gouvernement actuel est en train de mettre en place, j’ai peur de les laisser continuer à abimer notre belle démocratie. J’ai peur de me radicaliser devant les dénis permanents que nous subissons depuis des mois. Sans doute suis tous les « phobes » qui soient, puisque c’est maintenant ainsi que l’on nomme tous les opposants à la folie des hommes. Mais le suis-je vraiment?
    J’ai peur de ces apprentis sorciers qui veulent nier la nature, qui veulent, par calcul politique et pour remercier un mécène à la Cause, changer le droit de filiation, donner un droit à l’enfant, abolir l’altérité sexuelle. J’ai la chance d’avoir un garçon et une fille : impossible de prendre l’un pour l’autre, même les yeux bandés, même les oreilles bouchées, même les mains liées dans le dos. Un câlin de l’un n’est pas un câlin de l’autre. On tente d’imposer au peuple contre sa volonté un changement de civilisation. On ignore tout des conséquences que cela aura. Suis-je homophobe?
    J’ai peur de voir la misère du monde débarquer en France, certains pour profiter du modèle social admirable dont nous disposons et que je finance. Car oui, j’ai la chance de travailler. Je dis bien la chance car les médias nous rappellent que je ne devrais pas me plaindre de payer des impôts, j’ai la chance de travailler. Il est vrai que toute ma vie je me suis donné du mal, je me suis investi dans les sociétés pour lesquelles j’ai travaillé, je leur ai amené mon enthousiasme, mes compétences, mon envie. Elles m’ont bien récompensé en retour. Je participe au modèle social français et j’en suis fier, même si certains jours je me demande si cet argent va être utilisé judicieusement. Plus le temps passe, et plus malheureusement je constate que ce n’est pas le cas. Je ne stigmatise personne, je pense simplement que nous avons atteint un seuil de tolérance qui ne rend pas non plus service aux nouveaux arrivants. Suis-je xénophobe?
    J’ai peur de voir un islam toujours plus présent sur notre sol, sur nos terres anciennement catholiques et maintenant laïques, toujours plus agressif, toujours plus revendicatif, toujours plus communautariste. Je sais que la plupart des musulmans ne sont pas des extrémistes, mais que font les modérés pour empêcher les salafistes de nuire? Suis-je islamophobe?
    J’ai peur de voir notre système social disparaître du fait des abus de quelques-uns. On veut réduire les allocations familiales pour les « riches » (5 000 € / mois pour un couple), mais on donne 900€ de prime de naissance, pour chaque enfant ; on ne limite pas les allocations à un nombre d’enfants, car après tout, ceux qui veulent plus de 4 enfants ne peuvent-ils pas se les financer?. Sans doute il en sera de même bientôt pour la Sécurité Sociale, alors qu’on laissera des gens partir en cure et que l’AME est donnée maintenant sans franchise. Suis-je socialophobe?
    J’ai peur de voir notre Président, qui a nié la crise quand il était candidat, qui mène une politique fiscale contre productive, qui n’a de solution contre le chômage que d’emplois subventionnés, qui est totalement dépassé par les évènements, nous mener dans le mur. Suis-je socialistophobe?
    Ces quelques lignes sont le fond de ma pansée, comme beaucoup de français, qui pensent que les politiques ne savent pas ou ne comprennent pas ce que veut le peuple.
    Nous sommes le peuple, et nous attendons de nos politiques qu’ils nous trouvent des solutions, pas qu’il créent de nouveaux problèmes.
    Si vous passez en Corrèze sur le chemin de retour, je vous accueillerais volontiers, autour d’un repas familial, pour vous montrer ce qu’est la vie d’un français moyen, même si d’autres politiques en auraient besoin bien davantage que vous.
    Continuez votre combat, il est juste.
    Bien cordialement

  • 2 juin 2013 à 17 h 32 min
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    Cher Monsieur Lassale,
    Bravo pour votre courage et votre abnégation. La marche au devant des autres nécessite persévérance, ouverture d’esprit et humilité, qualités de pèlerin qui ne vous manquent pas. Dommage que nos élus ne s’en inspirent pas…
    Je viens de visionner une vidéo dans laquelle vous racontez ou plutôt, vous contez, votre « premier acte de Maire »: l’enterrement d’un ancien adjoint. Et cette histoire vécue m’a fait pleurer. Oui, pleurer, car en ma qualité d’opérateur funéraire et maître de cérémonie, j’ai pu parfaitement imager les scène décrites, et là, j’ai littéralement pleuré de rire ! Merci de ce que vous apportez à l’Homme et au monde politique – puisse t-il vous prendre en exemple – qui nous entoure.
    Si le hasard et vos pas vous mènent dans notre pays d’Adour au fond des Landes et pas si loin de votre cher Béarn, je serai très heureux de vous y rencontrer, car il est des hommes qu’il ne faut pas manquer de rencontrer; leur contact est si enrichissant.
    Continuez ainsi. Merci.

    Philippe

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